« Qui sauve une vie, sauve le monde entier » 

(Proverbe Juif)

Elmire Douliere

Elmire (Bastin) Doulière est née en 1905. Elle a grandi dans une famille chrétienne et a fréquenté l’Eglise Evangélique de Charleroi où on enseignait l’amour du peuple juif. Pendant la guerre (en 1942) son fils, Richard âgé de 14 ans, a participé à un camp de la MEB (Mission Evangélique Belge) qui avait lieu à Limauges. Et là il a rencontré un jeune garçon (Gert Koppel, 13 ans) ainsi qu’un autre jeune (Richard Wolff) tous deux juifs d’origine allemande

Gert Koppel (à gauche)

sa soeur, Ilse et son ami Richard Wolff

Ils étaient venus se réfugier en Belgique en 1939 suite à la « Nuit de Cristal » qui eut lieu pendant la nuit du 9 au 10 novembre 1938 en Allemagne et en Autriche. Pendant cette nuit, la terreur s’était installée chez les juifs car près de deux cents synagogues et lieux de culte furent détruits, 7.500 commerces et entreprises exploités par des Juifs saccagés ; une centaine de Juifs furent assassinés, des centaines d'autres se suicidèrent ou moururent des suites de leurs blessures et près de 30.000 furent déportés en camp de concentration : au total, le pogrom et les déportations qui le suivirent causèrent la mort de 2.000 à 2.500 personnes. La Belgique n’avait pas encore été envahie par l’Allemagne (mai 1940) et semblait donc être un lieu de refuge pour les juifs en 1939.

 

A la fin de ce camp à Limauges, Richard, ayant appris que Gert n’avait nulle part où aller, demanda à ses parents s’ils pouvaient l’accueillir chez eux (Ils habitaient à Marchienne-Docherie). En dépit des risques encourus (arrestation et déportation vers les camps de la mort) les parents de Richard acceptèrent, bien conscients des sacrifices que cela représenterait dans cette modeste famille, une bouche en plus à nourrir avec les maigres rations déjà insuffisantes pour la famille et le partage du lit de Richard avec Gert afin que si les Allemands avaient débarqué à l’improviste pendant la nuit, ils ne trouvent pas la preuve accusatrice d’une autre présence par la chaleur conservée dans un autre lit…

 

En tant que juifs qui avaient fréquenté la synagogue et qui lisaient la Bible en hébreu, Gert et Richard furent surpris par la connaissance de la Bible de ces chrétiens. Cet amour de la Parole de Dieu, combiné à l’amour démontré envers ces jeunes juifs eurent pour conséquence que Gert et Richard acceptèrent le Seigneur Jésus. Après le décès d’Alexandre Doulière (en 1962), Elmire alla passer un peu de temps chez son autre fils (Ivan) qui habitait à Lens (Nord de la France). Ensuite, elle revint en Belgique et s’installa à Carnières, où elle habita à la Rue Bassy. Elle s’est rattachée immédiatement à notre Eglise et en est devenue une membre active et engagée. Elle avait dessiné un plan de l’église avec toutes les chaises et les noms des personnes qui y prenaient place pour prier pour chacune d’elle ! Bien des années plus tard, à la demande de Gert Koppel, Elmire et Alexandre Doulière ont été reconnus comme « Justes

parmi les Nations » par Yad Vashem 

Le 31 mai 1999, l’Ambassade d’Israël en Belgique a organisé une cérémonie au Centre Culturel d’Auderghem au cours de laquelle, un certificat (voir photo) a été décerné à Elmire et à Alexandre (à titre posthume).

Leurs noms figurent, à côté notamment de celui de la Reine Elisabeth de Belgique, sur la liste des 1.665 « Justes » belges qui ont eu le courage de sauver des juifs pendant la 2ème guerre mondiale. Les noms d’Alexandre et Elmire sont maintenant gravés sur le mur des Justes de Belgique de Yad Vashem à Jérusalem. Elmire Doulière est décédée, en 2005, à l’âge de 100 ans. Sa mémoire est une bénédiction pour tous ceux qui l’ont connue. Souvenons-nous de ce que Jésus disait (Mat. 25) :

37 Les justes lui répondront: Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire?

38 Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli; ou nu, et t'avons-nous vêtu?

39 Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?

40 Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites.

En ces temps où malheureusement l’antisémitisme ressort son horrible tête, que le courage de ces héros de la foi puisse nous motiver et nous servir d’exemple !

 

 

 

 

 

Luc Henrist, 26 mars 2014

 

Gert Koppel (décédé en 2007) a raconté son

histoire dans un livre qui s’intitule

« L’enfant clandestin » publié en 2001 par la

« Ligue pour la Lecture de la Bible »

WM: HENRIST NATHANAËL & DUQUESNE FANTINE

© 7 novembre 2015